Des robots "sociaux" ? : enquête philosophique sur l'altérité des artefacts.
Établissement de soutenance : Université de technologie de Compiègne, 2022
Pagination : 305 p.
Thème : Lien social-Précarité
Mots-clés : Robot ; Altérité ; Morale ; Technologie ; Sociabilité ; Éthique ;
Discipline : Philosophie
Région de soutenance : Hauts-de-France
Directeur(s) : Guchet, Xavier
Numéro national : 2022COMP2724
Permalien Sudoc : https://www.sudoc.fr/275635600
Accès au texte intégral : http://www.theses.fr/2022COMP2724/document
Résumé : Cette recherche doctorale menée en CIFRE trouve son origine dans l'embarras philosophique que suscite le nom même de son objet de recherche : le robot social. En quoi un robot peut-il être qualifié de social ? A première vue, une telle notion semble relever de l'oxymore. Le robot n'incarne-t-il pas originairement la figure de l'esclave artificiel, c'est-à-dire de l'être purement instrumental ? A l'inverse, la socialité n'est-elle pas extérieure à toute définition ou délimitation instrumentale en ceci qu'elle ne sert a priori à rien et a posteriori à tout ? Ne doit-on pas considérer le social comme l'horizon, c'est-à-dire comme la condition de possibilité de toute utilité et, plus largement de tout intérêt individuel et collectif ? Parler de robot social laisse également entendre que l'artefact possède le social comme une propriété. Mais qu'est-ce que cela signifie ? De quelle propriété s'agit-il ? Enfin, le social n'est-il pas aussi un concept moral en ceci qu'il renvoie à nos façons d'être ensemble et, plus spécifiquement, d'être avec l'autre dans le face-à-face ? Le robot serait alors social en tant qu'autre face auquel nous nous tenons. Dans cette hypothèse, la socialité de l'artefact apparaît comme ce qui, phénoménologiquement, nous pousse à l'envisager non pas comme une chose, un « cela », mais comme un « tu » manifestant une altérité. Mais comment un artefact pourrait-il être un autre ? Comment le concept d'altérité, ordinairement réservé aux êtres qui comptent moralement (humains, animaux et, de plus en plus, végétaux et écosystèmes), pourrait-il nous aider à comprendre la socialité des robots ? Faut-il, pour cheminer vers cette compréhension, considérer cette socialité comme une forme de moralité et, si oui, en quel sens ? Autrement dit, un robot social n'est-il pas aussi et nécessairement un robot moral ? C'est la thèse que nous cherchons à défendre en examinant le sens d'être de l'altérité artefactuelle, non pas comme subjectivation du robot social, mais comme effectivité morale interpellant notre responsabilité.