Sous l'emprise de la folie : la restriction du champ de l'irresponsabilité psychiatrique en France (1950-2007).
Établissement de soutenance : École des hautes études en sciences sociales, 2011
Pagination : 2 vol. (641, 101 f.) : tabl., graph.
Thème : Santé mentale-Souffrance psychique
Mots-clés : Expertise judiciaire ; Santé mentale ; Psychiatrie ; Responsabilité ;
Période historique : 1950 à aujourd'hui
Discipline : Sociologie
Région de soutenance : Ile-de-France
Directeur(s) : Dodier, Nicolas
Numéro national : 2011EHES0074
Permalien Sudoc : http://www.sudoc.fr/176194797
Résumé : La présente thèse s'intéresse à une tendance avérée de la pratique de l'expertise psychiatrique pénale depuis les années 1950 : la tendance des experts a rendre des avis concluant à la responsabilité de personnes présentant pourtant des troubles psychotiques graves. L'objectif du travail est donc à la fois de retracer l'histoire de cette tendance "à la responsabilisation" et d'en mettre en évidence les causes, en étudiant à la fois les pratiques, les discours des experts psychiatres ainsi que l'évolution de la psychiatrie. L'idée selon laquelle la loi serait thérapeutique pour le malade mental -idée qui renverse totalement la manière dont les experts psychiatres ont construit leur légitimité depuis les débuts de leur intervention en justice au XIXe -prend en effet racine dans le mouvement de rénovation de la psychiatrie depuis la seconde guerre mondiale. Ce courant renverse, en effet, point par point les présupposés posés par l'orthodoxie psychiatrique depuis ses débuts. Il énonce en effet, d'une part que le malade mental n'est pas une exception mais un individu comme les autres qui n'est pas aliéné dans la maladie. D'autre part, qu'il ne doit plus être contraint au soin suite à un crime, mais que le traitement doit être pensé sous une forme contractuelle où la subjectivité du patient prend parfois le pas chez certains professionnels sur toute autre forme de discours médical. Ces nouveaux principes conduisent de fait ces psychiatres à rejeter l'idée d'une irresponsabilité conduisant à une hospitalisation d'office, notamment pour des malades mentaux criminels.