L'argot, lexique des marges et patrimoine linguistique.
Établissement de soutenance : Université de Paris 5 René Descartes, 2001
Pagination : 2 vol. 512 p
Thème : Culture-Loisirs
Mots-clés : Argot ; Histoire ;
Discipline : Sciences du langage
Région de soutenance : Ile-de-France
Directeur(s) : Calvet, Louis-Jean
Numéro national : 2001PA05H024
Résumé : Le mot argot apparaît pour la première fois au dix-septième siècle. S'il désigne à l'origine une corporation de gueux, il succèdera à jargon, attesté dès le treizième siècle, pour désigner la "langue des malfaiteurs", considérée comme une création artificielle. Cependant, les mots dits "d'argot" sont souvent partagés par de nombreux locuteurs qui ne vivent pas en marge des lois. L'engouement grandissant du public pour ce lexique au dix-neuvième siècle donnera naturellement lieu à toute une littérature, tant scientifique que romanesque, qui véhiculera la représentation d'un argot apanage des classes dangereuses. S'il n'est plus question de ne voir actuellement dans l'argot que la langue des malfaiteurs, il hérite cependant de cette image, et c'est pour cela que certains mots d'argot, parmi les plus anciens, se retrouvent par exemple dans la bouche de jeunes des cités HLM. L'argot légitime en effet les variations linguistiques de ces locuteurs, sans pour autant se confondre avec elles. Car il faut distinguer l'argot des variations argotiques. Devient finalement argot ce que tout le monde reconnaît comme tel : à la fois "écart" et paradoxalement patrimoine linguistique. S'il constitue une rupture par rapport à une supposée norme lexicale, il appartient en même temps à la pratique de tous les locuteurs qui peuvent y avoir recours dans la plupart des situations d'énonciation.