Quand la démocratie se professionnalise : enquête sur les experts de la participation.
Établissement de soutenance : Université de Lille 2, 2006
Pagination : 462 p.
Thème : Action sociale : cadre institutionnel et juridique
Mots-clés : Influence sociale ; Sociologie ; Professionnalisation ; Démocratie participative ;
Discipline : Science politique
Région de soutenance : Nord-Pas-de-Calais
Directeur(s) : Sawicki, Frédéric
Numéro national : 2006LIL20021
Permalien Sudoc : http://www.sudoc.fr/114275602
Résumé : Aujourd'hui la démocratie participative ne s 'affiche plus seulement dans des discours, elle s'incarne dans des pratiques . Les formes d'association des citoyens à la décision at aux débats publics se multiplient . Si quelques travaux récents ont analysé cette démocratie participative au « concret », peu ont été consacrés aux acteurs qui se sont spécialisés dans la gestion et l'animation des procédures participatives . Cette thèse y est consacrée . Plus précisément, elle analyse l'émergence et la consolidation d'un véritable marché professionnel sur ces enjeux . La première partie présente une sociographie de ce milieu professionnel . Elle révèle son hétérogénéité (diversité des origines socioprofessionnelles, absence de savoir-faire unifiés) mais aussi les tensions qui le structurent aujourd'hui . Elle montre ainsi comment ces acteurs s'évertuent dans leurs pratiques comme dans leurs discours à construire l'existence de deux « mondes antagonistes » : celui des « militants » et des « professionnels » de la participation . La deuxième partie analyse plus particulièrement les conditions et les logiques de professionnalisation de cette « nébuleuse participative » . L'ensemble des facteurs qui ont contribué à la faire naître et à la structurer y sont reconstitués . Elle affirme notamment que les injonctions participatives véhiculées par le personnel politique et les pouvoirs publics ont facilité la construction d'une demande d'expertises participatives multiple, évolutive et largement indéterminée . Puis, tout en montrant que les trajectoires socioprofessionnelles contribuent à modeler des pratiques participatives spécifiques, elle suggère que la professionnalisation du milieu de la participation portent en eux-mêmes les germes de sa déprofessionnalisation . Au final , cette thèse rend compte d'un double mouvement / les « professionnels de la participation » contribuent à façonner les politiques participatives autant qu'elles les façonnent.