Les possibilités d'être après la torture : sociologie clinique du système torturant.

Auteur : MONTAGUT Muriel
Établissement de soutenance : Université de Paris 7 Denis Diderot, 2012
Pagination : 1 vol. (411 f.)

Thème : Santé mentale

Mots-clés : Sociologie clinique ; Sévice corporel ; Violence ; Victime ; Souffrance psychique ; Isolement ;

Discipline : Sociologie

Directeur(s) : Gauléjac, Vincent de
Région de soutenance : Ile-de-France
Numéro national : 2012PA070055
Permalien Sudoc : http://www.sudoc.fr/167319450

Résumé : La pratique de la torture est le paroxysme de la volonté de déshumanisation et place l'être humain qui le subit "hors lien social". C'est tout son être-au-monde (c'est-à-dire la façon dont le sujet s'ouvre au monde) qui s'en trouve renversé. Pour ne pas imputer au sujet la responsabilité des symptômes qu'il présente dans cet après-coup, la torture doit être appréhendée d'un point de vue sociopolitique et non plus sous le seul éclairage d'une problématique psychique. Cette thèse vise à analyser dans cette optique le système torturant, sa logique, ses enjeux et ses effets. Par l'analyse croisée d'études de cas et d'entretiens semi-directifs avec d'anciens patients rencontrés en tant que psychologue, nous verrons que l'humain se brise selon des points de rupture spécifiques : le système torturant altère les possibilités du sujet à la fois d'être sujet de son histoire mais aussi d'interagir avec autrui. Le sujet ne crée plus de mondes, mais s'enferme dans le sien. Sa capacité à s'exprimer se crispe : cela se traduit sur le plan langagier par l'altération de la dimension poétique de la pensée (capacité à donner forme et sens à son environnement). L'impact du système torturant est indélébile sur l'humain qui l'a produit et sur celui qui l'a subi. Pour ce dernier, se désengager sur du long terme des effets du système torturant nécessitera une véritable stratégie d'évitement, et sera marqué durablement par une mélancolisation du lien à l'autre.

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