La misère et la faute : abandon d'enfants et mères abandonneuses à Paris (1876-1923).

Auteur : RIVIÈRE Antoine
Établissement de soutenance : Université de Paris 4 Sorbonne, 2012
Pagination : non pag.

Thème : Enfance-adolescence-jeunesse

Mots-clés : Enfant abandonné ; Mère ; Interruption volontaire de grossesse ; Assistance publique ; Paris

Discipline : Histoire

Directeur(s) : Luc, Jean-Noël
Région de soutenance : Ile-de-France
Numéro national : 2012PA040128
Permalien Sudoc : http://www.sudoc.fr/167653067

Résumé : Du début de la Troisième République au lendemain de la Grande Guerre, environ 3 000 enfants sont abandonnés chaque année à Paris et recueillis par l'Assistance publique. Dans la très grande majorité des cas, les parents qui se séparent de leur progéniture sont des femmes seules. Délaissées du père de l'enfant, soucieuses de cacher leur faute à leurs propres parents ou sommées par ceux-ci de réparer le déshonneur que leur maternité hors-mariage inflige à la famille, les filles-mères sont les abandonneuses emblématiques. Leur histoire est celle de la misère féminine et de l'opprobre social qui s'abat sur la maternité solitaire. À la Belle Époque, l'Assistance publique de Paris s'efforce de faciliter les abandons et d'en garantir l'anonymat, afin de dissuader les femmes désireuses de dissimuler une grossesse honteuse de recourir à des pratiques criminelles, avortement ou infanticide. Quant aux rejetons de la misère, l'administration parisienne les accueille volontiers, avec l'ambition de les arracher définitivement au milieu corrupteur qui les a vu naître, et rêve de les régénérer moralement et physiquement. Si elle ne peut que blâmer les parents qui abdiquent leurs devoirs, elle comprend pourtant de mieux en mieux leur détresse matérielle, notamment à la faveur de la grande dépression économique de la fin du XIXème siècle, et, soutenue par l'État providence naissant, elle diversifie ses politiques de prévention du délaissement d'enfants. Si, à l'aube des années 1920, elle parvient ainsi à contenir tant bien que mal les abandons de la misère, elle peine en revanche à juguler les abandons de la faute.

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