Les conséquences économiques de l'immigration sur le marché du travail des pays d'accueil : le recours aux tests de cointégration et aux élasticités de complémentarité.

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Auteur : FROMENTIN Vincent
Établissement de soutenance : Université de Nancy 2, 2010
Thème : Travail-formation-insertion

Mots-clés : Immigration ; Croissance économique ; Pays d'accueil ; Marché du travail ; Théorie ;

Discipline : Sciences économiques

Directeur(s) : Buzelay, Alain
Région de soutenance : Lorraine
Numéro national : 2010NAN20016
Url : http://www.theses.fr/2010NAN20016/document
Permalien Sudoc : http://www.sudoc.fr/149910622

Résumé : En période de ralentissement économique, les craintes d'un effet négatif de l'immigration sur les pays d'accueil resurgissent et les politiques migratoires se durcissent dans les pays développés, et notamment dans les pays européens. La justification des politiques restrictives en termes d'immigration s'appuie généralement sur l'idée d'un impact négatif de l'immigration pour l'économie du pays de destination. Est-ce que l'immigration a véritablement des conséquences économiques négatives sur la croissance économique et le marché du travail des pays développés ? Pour répondre à cette question, nous montrons tout d'abord que l'ampleur des flux migratoires est, notamment, dictée par les fluctuations économiques. Lorsque le pays s'inscrit dans une phase de croissance économique, le recours à l'immigration s'intensifie pour répondre aux besoins de main d'oeuvre de l'économie du pays d'accueil. A l'inverse, en période de conjoncture morose, les flux migratoires ont tendance à diminuer puisque l'offre et la demande sur le marché du travail se rigidifie, en raison de la montée du chômage et de la baisse de la demande globale. Ensuite, une revue de littérature théorique et empirique met l'accent sur certaines études qui visent à analyser les conséquences économiques de l'immigration sur la croissance économique, le chômage et les salaires dans le pays d'accueil. On en déduit que les hypothèses sous-jacentes aux analyses théoriques ont de véritables incidences sur les conclusions des modèles théoriques. En outre, la plupart des modèles théoriques ne prennent pas en compte l'aspect demande de travail, qui est pourtant un facteur primordial pour apprécier l'incidence de l'immigration. Nous montrons que le recours à un modèle d'équilibre général simultané permet de prendre en considération l'effet direct de l'offre de travail et l'effet de la demande de travail, afin d'étudier les interactions entre l'immigration, le marché du travail et l'économie du pays d'accueil. La revue de littérature empirique, qui présente synthétiquement les principales méthodologies de recherches et les résultats des travaux empiriques, montre que les études empiriques permettent d'obtenir des conclusions quant à l'impact de l'immigration. Quels que soient le pays, la période, la méthodologie et les données considérés, les conséquences économiques de l'immigration sont très limitées. Enfin, nous proposons trois études empiriques pour examiner l'impact de l'immigration dans les pays développés et notamment en France. Elles sont menées dans des cadres d'analyse désagrégé et agrégé, avec une vision microéconomique et macroéconomique, à partir de données transversales, temporelles et de panel. La première analyse a permis d'examiner les interactions entre les travailleurs immigrés et natifs, en fonction du niveau de qualification, en mesurant le degré de substituabilité-complémentarité entre les travailleurs. Les estimations des fonctions de production translogarithmique multifactorielle, à cinq variables et à sept variables, pour le marché du travail français, ont abouti à des conclusions relativement similaires. L'estimation des élasticités de complémentarité et l'évaluation de l'impact de l'immigration sur l'emploi et les salaires des autochtones avec la prise en compte de rigidités sur le marché du travail montrent que les conséquences sur les salaires et l'emploi sont très limitées. Les deux autres études sont basées sur les tests de cointégration et les tests de causalité. Ces analyses empiriques, qui s'appuient sur un cadre théorique d'équilibre général simultané, examinent la relation entre l'immigration, le chômage, les salaires et la croissance économique dans les pays d'accueil, à long terme et à court terme. La première étude est menée à partir de séries temporelles pour plusieurs pays de l'OCDE et la deuxième étude estime une relation de cointégration et un modèle vectoriel à correction d'erreur à partir de données de panel. On conclut que les variations de l'immigration ont une incidence négative sur le taux de chômage à long terme (baisse du chômage) et une incidence positive à court terme (hausse du chômage).

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